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CleanCup©, distributeur de boissons zéro déchet

Qui dit zéro déchet dit aussi zéro gobelet jetable. Aujourd’hui il y a une alternative écologique aux distributeurs automatiques : c’est CleanCup©, un distributeur-récupérateur de gobelets réutilisables qui fonctionne aussi comme une fontaine à eau. Le produit est le premier né de la société CED’IN, dirigée par Eléonore Blondeau.

La créatrice

Originaire de Toulouse, avec un parcours en Management et Gestion, Eléonore intègre en 2013 l’EM Lyon Business School, où elle est également responsable pendant 2 ans de l’association de développement durable de l’École, Planet&Co. Dès son arrivée, elle remarque à côté de la fontaine à eau principale de la cafétéria un énorme “ chapiteau ” de gobelets : “ Il y avait toutes les poubelles autour qui débordaient de gobelets pendant que sur la fontaine il n’y avait pas de distributeur, juste des gobelets entassés : c’était mal fait, ça sautait aux yeux. Dès qu’il n’y avait plus de gobelets, les gens en demandaient à la cafeteria : après avoir bu une gorgée, la même personne revenait 5 minutes plus tard pour reprendre un gobelet … et ainsi de suite ”. En examinant plus en détail ce phénomène, Eléonore se rend compte de l’impact que la problématique des gobelets jetables a sur l’école, pas seulement du point de vue écologique mais aussi au niveau économique : “ C’est plusieurs milliers d’euros, dizaines de milliers d’euros même dépensés tous les ans par l’École à cause des gobelets ”. D’ici à flairer un potentiel marché il n’y a qu’un pas. Puisque Eléonore est engagée à 100% dans son association, elle n’a pas le temps de développer le projet mais l’idée lui reste toujours en tête …

CleanCup©

Un constat

Après avoir obtenu son diplôme en septembre 2015, au lieu d’aller travailler dans le tourisme et le développement durable au Costa Rica ou à Shanghai, Eléonore choisit de rester à Lyon et commencer à développer le concept de CleanCup©. En quoi cela consiste exactement ? “ CleanCup© est une solution zéro gobelet jetable. Le cœur de métier n’est pas la fontaine à eau mais les verres réutilisables : notre but est d’éradiquer l’usage des gobelets jetables. En plus de ça, on sert de l’eau ”. Son fonctionnement est très simple. D’abord, il faut payer 1€ de caution dans la machine, ensuite on récupère un verre propre et vide et à ce moment on peut choisir de boire de l’eau ou une autre boisson, comme du thé ou du café. On peut prendre de l’eau directement depuis la machine, ou tout simplement récupérer  son verre pour se servir ailleurs. Une fois rafraichi, on réinsère son verre sale dans CleanCup© et on récupère la caution versée, pendant que la machine lave sur place le verre pour le préparer à sa future utilisation.

Les débuts du projet

Au départ Eléonore avait toutes les fonctions de CleanCup© en tête mais, en n’étant pas ingénieure, elle avait prévu de sous-traiter le développement du produit : “ Même si j’étais diplômée d’une école de commerce, j’avais choisi le développement durable donc il a fallu que je comprenne comment créer une entreprise et surtout comment développer un produit industriel ”. En 2016 elle participe à de nombreux concours pour gagner en visibilité, lever des fonds  mais aussi pour se faire challenger sur le projet. Au total, elle gagne 11 concours, dont “ 100 projets pour le climat ”, une initiative du Ministère de l’Environnement. Eléonore participe également à “ Lyon Startup ”, un programme de 4 mois qui propose un accompagnement gratuit à 5 entrepreneurs et aussi un concours de pitch mensuel. Au cours de cette expérience Eléonore fait la connaissance de Lionel, qui porte un projet de lave-vaisselle écologique, et ils s’entendent tout de suite très bien : “ Il est designer industriel, avec des compétences en mécanique, et il avait déjà réfléchi à des solutions de lavage. En plus on avait un intérêt commun vers l’écologie, donc on était très complémentaires ”. Eléonore lui explique son projet et Lionel commence à travailler à la conception, au design et à la mécanique de CleanCup©. En septembre 2016 ils créent la société CED’IN. Et c’est dans la capitale des Gaules qu’ils décident de s’installer : “ J’ai voulu rester à Lyon parce que c’est un vrai bassin industriel, notamment en mécanique et en plasturgie qui sont les deux corps de métier dont on a besoin pour notre produit. En plus je trouve qu’en termes d’entreprenariat, d’innovation et de sensibilité écologique c’est vraiment le meilleur terreau : il y a toutes les ressources industrielles et humaines nécessaires, il y a plein d’initiatives… Il manque un peu de volonté de la part de la Métropole parce que malheureusement ce n’est pas sa dynamique principale, en tout cas je pense que ça va changer ”. À ce jour l’équipe de CED’IN se compose de 6 personnes : 2 ingénieurs en électronique et systèmes embarqués, un ingénieur en mécanique, Lionel (design industriel et mécanique), une responsable communication… et Eléonore, qui s’occupe de tout ce qui n’est pas directement en lien avec le produit : développement commercial, communication, financements, partenariats…

Le design

Pendant plus de 3 mois, Eléonore et Lionel travaillent au design du produit avec un cabinet d’innovation et de design de Lyon, Dynergie : “ Comme on vient inscrire un nouvel usage dans l’entreprise, on voulait que ça puisse être compréhensible via le design du produit tout en évitant l’aspect de gros cube carré. Jusqu’à présent la machine fait 60 x 60 x 2m : même si ça prend un peu de place en hauteur au final c’est la largeur qui compte, parce que l’espace dans l’entreprise coute très cher ”. Il y aussi un autre facteur à ne pas sous-estimer : “ On s’est rendu compte que le marché de la distribution automatique et de la fontaine à eau est en pleine explosion, parce qu’en fait c’est à la machine à café que toutes les négociations d’entreprise ont lieu : comme c’est un moment très important, maintenant on parle plutôt d’un ‘ espace détente ’ où l’on invite les gens à se poser, puisque c’est là que tout va se négocier. Donc on a vraiment beaucoup travaillé sur le design pour que ça rende l’espace agréable et confortable ”. Une machine au design ergonomique mais aussi à l’avant-garde sur le profil technologique : “ Comme CleanCup© est monitorée à distance, on peut savoir en temps réel combien de verres sont propres, sales, en lavage, s’il y a une alerte panne etc. comme ça on peut intervenir ultra rapidement, et même des fois sans se déplacer ”. Le 9 mars le prototype est enfin dévoilé lors de la Biennale Art et Design de St. Etienne, où il reçoit un très bon accueil : CleanCup© remporte le premier prix du Design Tech Booster. La semaine suivante le produit est présenté à la Foire de Lyon, où il a pu être testé par Gerard Collomb en personne. Un autre utilisateur d’exception est Nicolas Hulot, qui compte parmi les intervenants de la Semaine du Développement Durable organisée par la Toulouse Business School. Eléonore profite de cette occasion pour lui faire tester le prototype : “ Il s’est senti tout de suite à l’aise avec le produit, il l’a trouvé beau, il avait envie de s’en servir ». Le journaliste a même proposé des petites modifications : “ Il nous a suggéré qu’on ne sert pas de l’eau… mais de la bière ! ”.

L’envole

Maintenant CleanCup© est en phase de commercialisation active : “ C’est une solution en location qui coute entre 250 et 290 euro par mois par machine, maintenance incluse ”. L’idée est de vendre les plus de machines possibles dans les deux prochains mois pour avoir les prochains financements : “ Notre objectif est de vendre un maximum de produit pour installer le 40 premiers machines à la fin de l’année ”. Le moment actuel semble favorable à la mise en place d’une solution zéro gobelets jetables : la loi de transition énergétique pour la croissance verte interdit la vente des gobelets jetables en plastique à partir du 1er janvier 2020. Et CleanCup© s’insère tout à fait dans cette dynamique.

En tout cas on souhaite très bonne chance à Eléonore pour que sa solution zéro gobelet jetable puisse rencontrer un succès encore plus grand !

L’économie circulaire dans le secteur de la moquette : « la planète au bout du rouleau ».

Cet article a initialement été rédigé  par Zero Waste France et publié sur leur site. Nous le relayons.

Zero Waste France et Changing Markets publient aujourd’hui le premier rapport sur l’économie circulaire dans le secteur de la moquette. Chaque année, 700 millions de m² de moquette sont mis sur le marché européen. Le rapport Moquette : la planète au bout du rouleau montre que les circuits de réutilisation et le recyclage sont encore quasiment inexistants dans ce secteur, malgré les allégations environnementales de deux de ses acteurs principaux, Desso et Interface. Le “grand gâchis” atteint en France son paroxysme dans le secteur de l’événementiel, où la moquette est utilisée quelques heures ou quelques jours seulement avant d’être jetée.

UNE MOQUETTE QUASI TOTALEMENT BRÛLÉE OU ENFOUIE EN DÉCHARGES

A l’heure de l’économie circulaire, le secteur de la moquette est à la traîne. Après usage, la quasi-totalité des moquettes françaises et même européennes sont brûlées ou enfouies en décharges. Faute de transparence complète sur les statistiques de recyclage du secteur, le tonnage précis de moquette recyclée en Europe n’est pas connu. Les auteurs du rapport estiment cependant que moins de 3% des volumes sont collectés pour recyclage, et qu’une partie de ce recyclage se révèle être en réalité du downcycling, c’est-à-dire une transformation en un produit de qualité inférieure ne pouvant généralement pas être à son tour recyclé.

 

FABRICANTS : UNE COMMUNICATION EN DÉCALAGE AVEC LA RÉALITÉ

Depuis plusieurs années, deux des principaux fabricants affichent pourtant des objectifs environnementaux élevés, visant par exemple, pour 2020, à produire “zéro déchet” (Interface) et à inclure tous leurs produits dans une démarche “Cradle-to-cradle®” (Desso). Une communication ambitieuse, qui s’accompagne d’expérimentations de terrain, mais reste très éloignée des performances de recyclage réels de ces deux acteurs, qui s’établissent entre environ 1,5 et 3%. Plus problématique encore, la communication de l’Union Française des Tapis et Moquettes (UFTM) et de ses partenaires dans le cadre du programme Optimum qui propose de collecter les moquettes usagées pour un “recyclage” qui se révèle être, en réalité, une valorisation principalement énergétique, autrement dit de l’incinération. Des ressources précieuses sont ainsi brûlées, ce qui émet en outre du CO2 et de nombreux polluants.


 

SECTEUR DE L’ÉVÉNEMENTIEL : LE NIVEAU ZÉRO DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Chaque année, quelques 1 135 foires et salons sont organisés en France, soit une surface de stands d’expositions de près de 6 millions de m², l’équivalent de plus de 65 000 logements moyens en France. Une grande partie de ces stands sont couverts de moquette à usage unique, sans compter les allées, les espaces extérieurs ou escaliers parfois également recouverts. On peut donc parler d’un produit jetable, qui n’est en outre quasiment jamais recyclé. Des solutions de réutilisation existent pourtant, via des systèmes de location qui sont utilisés à grande échelle dans d’autres pays européens.

 

Les auteurs du rapport présentent en conclusion une série de recommandations à l’adresse des fabricants, des utilisateurs, et des pouvoirs publics, afin de pouvoir engager le secteur dans une transition vers l’économie circulaire. “Il est urgent d’agir, sous peine de piéger l’industrie dans un modèle non-durable pour encore 10 ou 15 ans”souligne Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France, “l’impact des mesures d’éco-conception permettant la réutilisation ou le recyclage des moquettes sera en effet décalé dans le temps, du fait du cycle d’usage relativement long de la moquette. Et dans le cas de l’événementiel, il s’agit d’arrêter au plus vite un gaspillage quotidien de milliers de  de moquettes !”.

 

Pour télécharger le rapport, ses infographies et visuels :https://www.zerowastefrance.org/publication/moquette-planete-au-bout-du-rouleau/

Zéro déchet et économie circulaire : décryptage des propositions électorales

Cet article a été rédigé par Zero Waste France et publié sur leur site. Nous le relayons.

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L’économie circulaire, grande absente des programmes pour les présidentielles ? Pas tout à fait. Plan national zéro déchet, lutte contre l’obsolescence programmée, hausse de la taxe générale sur les activités polluantes… La plupart des programmes des candidats à l’élection présidentielle font allusion de près ou de loin à la problématique des déchets. L’ambition zéro déchet a fait son chemin, et surtout, le potentiel de création d’emplois associé à la transition vers une économie circulaire ne peut être ignoré par les candidats. Leurs propositions ont cependant des ambitions très variables.

A trois semaines du premier tour du scrutin, Zero Waste France s’est plongée dans les programmes des candidats et vous propose un décryptage complet !

Découvrez aussi nos Cinq propositions pour un quinquennat zéro déchet

Incursion timide via la lutte contre l’obsolescence programmée, pour Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan

Si la candidate du Front National, Marine Le Pen, met en avant une “écologie patriote”, la question des déchets n’est pas directement évoquée dans son programme. Cependant, l’économie circulaire est abordée par le Collectif Nouvelle Écologie (groupe de travail du FN et du rassemblement Bleu Marine) dans ses “21 propositions pour une écologie patriote du XXIème siècle”, et notamment la lutte contre l’obsolescence programmée pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Il reprend par exemple la proposition d’affichage obligatoire de la durée de vie des appareils électroménagers (la Loi de transition énergétique prévoit pour l’instant des expérimentations dans ce domaine) et d’une loi rendant les pièces détachées abordables.

L’obsolescence programmée constitue également la principale référence à l’économie circulaire dans le programme de Nicolas Dupont-Aignan. Le candidat de Debout la France envisage davantage de contrôles, voire l’interdiction du produit dans les cas d’obsolescence programmée avérés. La réutilisation et le recyclage sont aussi mis à l’ordre du jour, lorsque le candidat parle de faire des collectivités locales « le bras armé de l’écologie de proximité » : les recycleries pourraient ainsi bénéficier de financements issus d’une nouvelle part commune dans la Dotation Globale de Financement (DGF) allouée aux collectivités, et conditionnée par la réalisation de certains investissements en matière d’écologie. Mais le candidat associe aussi économie circulaire et valorisation énergétique. Il propose ainsi de construire des méthaniseurs disséminés dans la campagne et d’augmenter les performances des incinérateurs, en récupérant davantage les métaux présents dans les cendres et résidus imbrûlés (appelés mâchefers). Dans le même ton, il envisage la création d’un réseau de cimenteries alimentées par des combustibles solides de récupération (CSR), c’est à dire des déchets sélectionnés et préparés dans cet objectif. On est alors loin de l’économie circulaire ou du zéro déchet, qui privilégie toujours la réutilisation et le recyclage sur la combustion des déchets.

François Fillon envisage de jouer sur la fiscalité pour réduire la mise en décharge

Aucune des 15 mesures phares de François Fillon ne porte sur l’écologie. En cherchant bien, nous avons déniché son document préalable sur l’environnement publié au moment des primaires mentionnant la nécessité de “faire des déchets une ressource” et de promouvoir les principes de l’économie circulaire. Le candidat Les Républicains veut par exemple étendre l’obligation de récupération par les industriels de leurs produits en fin de vie et permettre aux particuliers de revendre leur matériel électronique obsolète à des organismes spécialisés. Ces mesures seraient appuyées par le recours aux outils fiscaux, notamment un taux de TVA réduit pour les produits composés à plus de 50 % de matériaux recyclés et surtout une hausse de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) applicable à la mise en décharge. Rien n’est dit par contre sur une éventuelle trajectoire à la hausse de la TGAP pour l’incinération. Or les exemples de certains pays européens comme le Danemark montrent que la seule taxation de la mise en décharge n’est pas suffisante pour favoriser de véritables avancée en matière d’économie circulaire. Elle doit au contraire être intégrée à des politiques plus larges alliant limitation des capacités d’incinération, fiscalité écologique et obligation de moyens, notamment via la tarification incitative et la collecte séparée des biodéchets.

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE POUR SOUTENIR LA COMPÉTITIVITÉ CHEZ EMMANUEL MACRON

Pour le candidat d’En Marche !, qui veut faire de l’économie circulaire un “nouveau modèle économique”, il s’agit avant tout de mobiliser un réservoir d’emplois et d’adresser la problématique de la compétitivité. Ainsi, l’économie circulaire présente un intérêt du point de vue des coûts (par la maîtrise du coût des intrants, une meilleure valorisation des déchets et la promotion de l’éco-conception), comme d’autres facteurs de compétitivité (matériaux, processus et modes de conception innovants). Emmanuel Macron souhaite lui aussi augmenter les taux de TGAP, à la fois sur l’incinération et la mise en décharge, afin d’atteindre un objectif de “100 % de plastique recyclé sur tout le territoire” et de diviser par deux les déchets mis en décharge en 2025, objectif d’ores et déjà fixé par la loi de transition énergétique (LTE). D’après lui, cela passe également par le soutien aux solutions industrielles dans le domaine du recyclage et du traitement des déchets. Parmi les entreprises que l’Etat devrait soutenir, en entrant par exemple au capital de certains de leurs projets, Suez et Veolia figurent ainsi en bonne position.

Benoît hamon et jean-luc mélenchon explorent le zéro déchet

A gauche de l’échiquier politique, les programmes évoquent explicitement le zéro déchet : Plan national zéro déchet pour Benoît Hamon, Loi « zéro déchet » pour Jean-Luc Mélenchon. L’économie circulaire est aussi concernée par la proposition du candidat de la France Insoumise de constitutionnaliser une « règle verte », qui imposerait de ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer, ni de produire plus que ce qu’elle peut supporter. Un principe a priori séduisant, comme le note Greenpeace, mais dont la mise en œuvre suscite de nombreuses questions.

Les deux candidats se rejoignent dans leurs visions sur la lutte contre le gaspillage et l’obsolescence programmée. L’accord conclu entre le PS et Europe Ecologie Les Verts (EELV) prévoit une modulation de la TVA en fonction de la durée de vie des produits et de leur potentiel de revalorisation et de réparation, afin d’encourager la réutilisation et l’éco-conception. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est avant tout l’allongement de la garantie légale qui permettra de lutter contre l’obsolescence programmée des produits.

Les propositions des candidats divergent quant à l’évolution des installations de traitement : Benoît Hamon promet la sortie de l’incinération, une mesure issue de l’accord avec EELV. Pas de sortie de l’incinération pour le candidat de la France Insoumise, mais seulement une obligation de valorisation énergétique pour toutes les installations. Le livret consacré aux déchets publié en marge du livre-programme prévoit cependant une remise en cause des projets d’installations qui font aujourd’hui débat, comme l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII ou le stockage souterrain de déchets dangereux StocaMine à Wittelsheim, en “s’appuyant sur l’implication citoyenne et la coopération des acteurs”.

Pour atteindre ses objectifs de réduction des déchets et d’augmentation du tri, Jean-Luc Mélenchon mise sur une meilleure communication, des objectifs chiffrés de prévention au sein des filières de responsabilité élargie des producteurs et l’obligation de tri pour tous les producteurs de déchets.

Biodéchets et recyclage : deux axes à privilégier pour réduire le volume des poubelles

L’allègement des poubelles passe aussi par la valorisation des déchets organiques, une mesure déjà présente dans la LTE qui généralise le tri à la source des déchets organiques pour tous les producteurs à l’horizon 2025. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est surtout le compostage de proximité (individuel ou de quartier) qui est avancé comme solution à privilégier. Pour Benoît Hamon, la réduction des déchets ne se fera pas sans un effort plus important de la part des métropoles, à qui il imposera une obligation de recycler au moins 50 % de leurs déchets d’ici à 2022. Une initiative sensée, puisque les métropoles génèrent de grandes quantités de déchets et sont à la traîne dans leurs performances de recyclage, mais il faut noter que ce seuil est néanmoins moins ambitieux que les objectifs fixés par la LTE (55 % en 2020 et 65 % en 2025) et plus récemment par le Parlement européen dans le cadre du paquet Economie circulaire (70% de déchets recyclés d’ici à 2030 et 80% pour les emballages). De plus, la constitutionnalité d’une telle mesure se pose, car fixer un seuil propre aux métropoles semble a priori contrevenir au principe d’égalité entre les collectivités territoriales.

Sortir du “tout jetable” et favoriser l’éco-conception

Le candidat de la France Insoumise préconise la fin du “tout jetable” pour faire la transition vers une véritable économie circulaire. Cela passe en premier lieu par le soutien à l’éco-conception, que Benoît Hamon propose aussi d’encourager fiscalement. Selon Jean-Luc Mélenchon, les innovations industrielles devraient être appuyées par le développement de formations universitaires dans ce domaine, l’allocation de fonds de recherche et développement – notamment sur la question de la réparabilité – et le soutien aux réparateurs et aux structures telles que les ressourceries. Le livret “Déchets” insiste également sur la nécessité de développer l’économie d’usage plutôt que la possession à tout prix, à travers des dispositifs de location, de prêt et de mutualisation. Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose l’interdiction pure et simple des emballages non recyclables – ce levier d’interdiction existe en fait déjà, mais est rarement voire jamais activé –  et la réintroduction de la consigne, notamment pour les emballages de boissons, des commerces de proximité aux grandes surfaces. Une initiative qui fait déjà ses preuves à l’échelle locale dans certains territoires, et que d’autres pays européens essaient également de généraliser.

Nous nous sommes efforcés de présenter de façon claire et précise les propositions, en les mettant en perspective par rapport au droit existant ou aux écueils à éviter pour le zéro déchet. Quant aux six autres candidats à l’élection présidentielle, la question des déchets et de l’économie circulaire n’est pas abordée dans leurs programmes.

Découvrez ici les Cinq propositions de Zero Waste France pour un quinquennat zéro déchet

Conférence Kaizen “ Zéro déchet, pourquoi pas vous ? ”

Est-ce que vous avez déjà entendu parler des conférences Kaizen ? Elles sont issues du magazine homonyme, qui traite de toutes les initiatives citoyennes “ qui changent le monde pas à pas ”. Ce n’est donc pas un hasard si la présidente de Zéro Déchet Lyon Coline a été sollicitée pour faire le point sur l’état du mouvement Zero Waste en France et ailleurs, lors de la conférence Kaizen qui a eu lieu le 13 décembre dernier au Goethe Institut.

Il faut reconnaitre que notre pays n’est pas encore une référence dans la réduction des déchets… Par contre, à l’étranger les exemples ne manquent pas : à San Francisco les habitants et les entreprises ont a réussi à réduire de 80% la part de déchets non recyclés et non compostés en seulement 5 ans, tout comme dans la petite ville de Capannori (en Italie), où l’argent prévu pour la construction d’un incinérateur a été utilisé pour des programmes de sensibilisation à la réduction des déchets. Ces expériences nous ont encouragés à diffuser la philosophie “ zéro déchet ˮ ici en France. C’est donc avec grand plaisir que nous avons pu constater un réel engouement autour de ce genre de thématique. Il suffit de voir le succès grandissant de l’initiative “ Mon commerçant m’emballe durablement ˮ où des citoyens vont à la rencontre de leurs commerçants de proximité pour les encourager à accepter les sacs à vrac et les boîtes alimentaires propres des clients. Mais il est également vrai que les déchets qui se trouvent dans nos poubelles ne sont qu’une partie infime de ceux que nos modes de consommation produisent : saviez-vous que 70% du tonnage des déchets produits en France est issu de la construction ? Et pourtant il ne faut pas se laisser décourager ! Même si on ne s’en rend pas compte dans l’immédiat, l’application dans notre quotidien de la règle des “ 3 R ˮ (“ Réduction – Réutilisation – Recyclage ˮ), en plus d’avoir des conséquences dans la façon dont on consomme a également un impact indirect sur la politique et la gestion des déchets.

Par où commencer ? Avec des petites gestes que tout le monde peut mettre en œuvre facilement : boire l’eau du robinet au lieu d’acheter des bouteilles en plastique, remplacer tout ce qui est jetable par du lavable ou du réutilisable, acheter d’occasion, faire sa propre lessive… et si on dispose d’un jardin, pourquoi ne pas élever des poules ? Même si ça peut paraître un peu rétrograde de prime abord, au final on se rend compte que remettre en question son mode de vie en optant pour la réduction des déchets n’est pas seulement bon pour la planète… mais aussi pour son porte-monnaie !

Parce que le meilleur déchet… est celui que l’on ne produit pas !

Bienvenue Emma !

L’équipe de Zéro Déchet Lyon est ravie d’accueillir Emma ! Elle sera avec nous pour une durée de 8 mois en tant que service civique. Après des études en communication et en lettres suivies d’un grand voyage à vélo, Emma a choisi de réfléchir aux suites de son avenir professionnel en effectuant un service civique dans une structure correspondant à ses convictions. Elle-même engagée dans une démarche de réduction des déchets, elle a cœur de participer à la diffusion du mouvement zero waste. Au sein de l’association, Emma vient renforcer la structuration, l’organisation et le développement de nos activités et projets (MCMD, Réseau des entrepreneurs, Accompagnement Zéro Déchet, Ateliers, Formation…). Elle sera également la référente de l’association pour les échanges avec les autres groupes locaux de Zero Waste France et Paris. L’accueil d’Emma est une nouvelle étape pour l’association et nous sommes tous très enthousiastes !! Nous souhaitons à Emma tout plein de bonnes choses au sein de Zéro Déchet Lyon.