
Pour vous investir, écrivez nous à : plaidoyer@zerodechetlyon.org
Une épicerie de produits vracs, c’est bien… mais une épicerie zéro déchet c’est encore mieux, n’est-ce pas ? À partir de septembre, on pourra en trouver une nouvelle à Lyon, au cœur du quartier de la Part Dieu. Elle s’appelle “ À la source ”, née de l’initiative d’Aneta Sidor.
Originaire de Varsovie, Aneta s’installe à Lyon à l’âge de 18 ans pour ses études. Ensuite, elle déménage dans d’autres villes en France pour travailler dans l’industrie : « Je n’étais pas écolo à l’époque », nous confie-t-elle. Le déclic se produit suite à une série de malheurs personnels et professionnels, notamment la perte de toutes ses affaires et mobiliers pendant un déménagement. De retour à Lyon, elle décide de repartir de zéro : avec une amie, elle commence à réfléchir à un projet d’épicerie de vrac avec des produits locaux. Quand sa partenaire décide de quitter le projet, elle le reprend toute seule pour le faire évoluer à sa manière, c’est à dire sous forme d’épicerie locavore et zéro déchet. Une petite nuance qui n’est pas sans importance : « Le vrac permet de pratiquer le zéro déchet mais pas l’inverse – elle nous explique – On peut arriver à un objectif zéro déchet pas seulement via le vrac mais aussi grâce au recyclage, l’upcycling (ou “ surcyclage ”, c’est à dire le recyclage de produits ou matériaux “ par le haut ”, ndr), la sensibilisation sous toute forme, la réduction de ses achats, l’achat d’occasion plutôt que neuf… ».
<h2align= »justify »>Sa démarche zéro déchet
Bref, le vrac est juste une des composantes qui permettent de pratiquer le zéro déchet. Même si, malheureusement, ce n’est pas toujours le cas : « Une épicerie vrac fait du zéro déchet coté client mais elle peut quand même être polluante, pendant qu’une épicerie zéro déchet comme “ A la source ” va s’insérer plutôt dans l’économie circulaire. Elle va s’entourer de partenaires pour essayer de trouver des débouchés possibles pour ses emballages, faire des ateliers do it yourself… ». Une démarche bien plus ambitieuse : « Mon souci est d’être une entreprise écolo, c’est à dire que je ne veux pas avoir d’impact sur l’environnent non plus : en tant que commerçant du 21ème siècle je veux donner l’exemple en disant “Je ne produits pas de déchet”. Et le vrac donne la possibilité d’atteindre cet objectif. ».
Cette ambition est bien résumée par le nom de l’épicerie : « “ À la source ” veut dire d’abord chercher les produits directement chez les fournisseurs, en essayant de faire réadapter leur manière de les distribuer pour que ça corresponde plus à nos valeurs ». Il y a aussi un autre sens : « En tant que distributeur, si on n’agit pas “ à la source ” du problème, c’est à dire ses emballages et pas uniquement ceux des clients, on devient nous aussi une source de problème pour la société, même si on a l’impression de faire du bien pour ces gens-là ». La partie boutique de l’épicerie est située au rez-de-chaussée, où les produits sont classés selon leur provenance. Il y a également un espace nettoyage et une partie ateliers pour sensibiliser les gens au mode de vie zéro déchet et fournir un espace de discussion pour des partenaires, des associations et plus en général tous ceux qui sont engagés dans cette démarche.
Aneta veut s’adresser à une clientèle mixte, pas seulement les adeptes au mode de vie zéro déchet. Et l’endroit où son épicerie se situe se prête bien à cet objectif : elle se trouve dans le 3ème arrondissement, juste devant l’arrêt de métro Place Guichard – Bourse du Travail de la ligne B. Un lieu de passage idéal pour atteindre des gens de tout âge et milieu social. Et ce n’est que le début : dans le futur, Aneta envisage d’ouvrir d’autres épiceries dans différentes parties de la ville.
“ À la source ” est ouvert toute la semaine du lundi au vendredi de 9h30 à 19h30, le samedi de 10h à 19h et le dimanche de 10h à 13h.

La majorité des déchets en France est générée par le secteur de la construction (247 millions de tonnes en 2016 contre 31 millions de tonnes pour les déchets ménagers !). Pourtant, en rédigeant son mémoire professionnel d’Habilitation à la Maîtrise d’Oeuvre en son Nom Propre lors de la finalisation de sa formation d’architecte, Joanne a identifié que de nombreux professionnels de la construction ont à cœur de travailler avec des matériaux de réemploi.
Cependant, travailler avec ce type de matériaux est plutôt complexe car il faut estimer leur potentiel de réemploi tout en étant vigilant quant aux déchets dangereux qui nécessitent une gestion spécifique.
En septembre 2016, Elle fonde un projet dont l’objectif est de sauver des matériaux de construction de la benne à ordures, pour pouvoir les réemployer.
Deux mois plus tard, l’association Minéka voit le jour avec l’aide et le soutien d’autres architectes. Leur souhait est de faire émerger la pratique du réemploi des matériaux et de proposer des pratiques de construction alternatives, afin de préserver les ressources naturelles et les matières premières.

Ainsi, Minéka collecte, reconditionne, stocke et redistribue à prix solidaire des matériaux voués à être jetés. Le projet est en construction et son bureau est situé à Bricologis à vaulx-en-Velin.
Au-delà de lutter contre la production de déchets dans le BTP, Joanne montre qu’il est possible avec une telle initiative de créer de l’emploi, de développer la créativité et de favoriser l’artisanat. Le regroupement de professionnels de la construction au sein de l’association est un atout indéniable puisqu’ils ont les compétences pour identifier le potentiel de réemploi des matériaux.
Actuellement dans une phase de développement, Minéka attise la curiosité et est souvent sollicitée par des entreprises du bâtiment et des professionnels de la construction qui souhaitent participer au projet en donnant des matériaux. Ils ont pu, par exemple, récupérer des matériaux sur un chantier de logements à Confluence. Sur les deux collectes réalisées, Minéka a récolté 4 tonnes de matériaux dont 3 tonnes qui ont déjà été redistribuées.
Minéka est l’une des seules associations sur la métropole de Lyon à proposer cette activité.
Vous pouvez suivre Joanne sur Facebook, entreprises ou bricoleurs, ses actualités vous attendent !
Cet article a initialement été rédigé par Zero Waste France et publié sur leur site. Nous le relayons.

En tant que principale chaîne de restauration rapide, premier franchiseur, second employeur privé à travers le monde, premier distributeur de jouets (via les Happy Meal™) et l’un des principaux clients de l’industrie agro-alimentaire, McDonald’s marque de son empreinte l’économie mondiale, mais aussi l’environnement. Si la multinationale est déjà sous le feu des critiques pour ses pratiques fiscales, sociales, voire anticoncurrentielles, ses pratiques environnementales en matière de gestion des déchets n’avaient pas encore fait l’objet d’un examen approfondi, notamment en France, deuxième marché mondial de l’enseigne en termes de chiffre d’affaires juste derrière les Etats-Unis.
A l’occasion de l’assemblée générale annuelle de McDonald’s à Chicago, Zero Waste France publie un rapport qui analyse la politique déchets de l’enseigne : modèle du tout jetable, faible taux de recyclage et absence de transparence dans les données communiquées.. les marges de progrès sont importantes pour McDonald’s France !
Le principe du tout-jetable sur lequel est fondé le modèle d’entreprise de McDonald’s est responsable de la production d’une quantité considérable de déchets : chaque minute, l’entreprise utilise près de 2,8 tonnes d’emballages jetables pour servir ses clients à travers le monde, ce qui représente 115 tonnes d’emballages jetés par jour en France (soit plus d’1 kg par seconde !). Malgré les actions d’éco-conception mises en avant par l’entreprise dans son plan déchets, la production totale de déchets de McDonald’s semble être en augmentation en France, de l’ordre de 20% entre 2013 et 2015.
Du côté du recyclage, l’entreprise affiche des chiffres en baisse : de 26,5% de recyclage en 2013 à 25% en 2015. Le tri ne semble toujours pas généralisé à l’ensemble des restaurants en France.
Enfin, la proportion des déchets organiques dans le total des déchets produits par McDonald’s a augmenté de 13 à 20,3% entre 2013 et 2015. La plupart des ingrédients utilisés par l’entreprise ne nécessitant pas d’étape de préparation supplémentaire en cuisine, on peut estimer qu’une part importante de ces déchets correspond à du gaspillage alimentaire, qui aurait ainsi considérablement augmenté en deux ans.
La politique déchets de McDonald’s se caractérise par ailleurs par des mesures à « géographie variable », malgré des menus et un service standardisés à travers le monde.
Ainsi, seuls 25% des déchets produits par McDonald’s en France sont recyclés alors que dans des pays européens voisins (Allemagne, Belgique, Pays-Bas), l’entreprise affiche des taux de recyclage de plus de 90%.
La logique est la même pour la composition des emballages. McDonald’s a abandonné les boîtes de sandwiches en polystyrène (1990) et les gobelets en polystyrène (2013) aux Etats-Unis, en raison de l’impact environnemental de ce matériau. En revanche, l’enseigne continue d’utiliser le polystyrène dans de nombreux autres pays, notamment en Chine. Une pratique dénoncée par plusieurs associations qui demande à McDonald’s, à l’occasion de l’assemblée générale du groupe, de bannir l’utilisation du polystyrène partout dans le monde.
La politique déchet de McDonald’s France se caractérise également par une certaine opacité. Ainsi, contrairement à d’autres filiales comme McDonald’s Allemagne, l’enseigne ne communique ni la quantité de déchets produits par ses restaurants chaque année, ni le nombre de restaurants ayant mis en place le tri.
Zero Waste France a ainsi adressé un courrier à l’entreprise pour demander que soient communiqués ces données. De nouvelles réglementations sont en effet entrées en vigueur ces dernières années qui obligent les entreprises à trier les déchets organiques et les déchets recyclables en papier carton au delà de certaines quantités. Un respect des réglementations que les clients de l’enseigne devraient être en mesure de vérifier.
Le rapport dresse en conclusion un certain nombre de recommandations pour diminuer les quantités de déchets produits par McDonald’s France, allant de l’utilisation de vaisselle réutilisable pour les repas sur place à la généralisation du tri dans tous les restaurants. Si McDonald’s porte une responsabilité particulière en matière de production de déchets au regard de sa taille et de ses activités, ces recommandations s’adressent également aux autres acteurs du secteur de la restauration rapide, dont le modèle repose souvent sur le tout-jetable.

Article original paru sur : zerowastefrance.org et rédigé par Thibault Turchet
Depuis 2015, les réglementations relatives aux déchets se sont multipliées. Touchant tant l’Etat que les collectivités locales, les entreprises ou la société civile. Or, les règles de droit doivent d’abord être bien identifiées et interprétées pour être respectées par tous les acteurs concernés.
Sauf qu’il est parfois difficile de s’y retrouver, ne serait-ce que pour retrouver les textes applicables et ne rien oublier…
En effet, au moins quatre « grandes » lois ont impacté ce secteur, à commencer par la loi de transition énergétique du 17 août 2015. Les décrets et arrêtés d’application se sont multipliés sur des sujets aussi variés que les biodéchets, les combustibles solides de récupération, les sacs plastiques, le gaspillage alimentaire…
La connaissance des réglementations est un levier d’accélérateur et un facteur de facilitation de la transition vers l’économie circulaire. Zero Waste France a donc décidé, avec son juriste permanent Thibault Turchet, de faire le point sur l’essentiel des nouveaux textes applicables ces deux dernières années, et de vous en donner les références exactes ainsi qu’un bref aperçu, aussi percutant que compréhensible par tous.
Au menu: les sacs plastiques, les microbilles et cotons-tiges, la vaisselle jetable, les biodéchets, le tri des déchets – 5 flux, le suivi du service public, la lutte contre le gaspillage alimentaire, les CSR, la planification de la prévention et de la gestion des déchets, et la fiscalité !
Retrouvez cette fiche synthétique en suivant ce lien.
