La main dans l’sac : du vrac à quatre roues

Depuis quelques mois, un camion jaune a fait son apparition sur les places de marché du bassin lyonnais. Au volant, une ancienne enseignante de français, Alexia Quéguiner, qui a choisi de donner sa contribution à la cause du zéro déchet. Il y a un an, elle quitte son emploi à La Vie Claire pour travailler à un projet d’épicerie mobile, La main dans l’sac. proposant des produits bio et locaux. Le tout en vrac, bien sûr !

Entre écologie et enseignement

Dès son enfance Alexia est sensible à l’environnement : « Même si on ne parlait pas encore d’upcycling, ma mère faisait beaucoup de travaux manuels et de recyclage. C’est grâce à elle que j’ai pris l’habitude de faire les choses par moi-même : les cadeaux de Noël, des décorations, des produits ménagers, de cosmétique… ». Avant de faire de ses convictions écologistes un métier, Alexia s’oriente d’abord vers l’enseignement : « J’ai fait des études d’anglais et puis de français langue étrangère. Ensuite je suis partie travailler en Angleterre, puis j’ai passé deux ans au Kenya pour finir mon master. En revenant j’ai trouvé du travail en tant que professeur de français à Annemasse, à coté de Genève, où j’ai enseigné pendant à peu près 4 ans. » C’est pendant cette période qu’elle découvre le zéro déchet : « J’ai commencé par consommer de plus en plus de bio mais je trouvais que ce n’était pas la solution la plus efficace pour que les choses changent dans notre manière de consommer. Je me suis dit : “ Comment je peux aller plus loin dans ma démarche écologique ? ˮ C’est là que je me suis rendue compte que le zéro déchet était la solution idéale. »

Création de l’entreprise

Qu’est-ce qu’a suscité le déclic ? « J’avais du mal à trouver des produits en vrac : par exemple, à chaque fois que je voulais faire un gâteau, j’étais obligée d’acheter un kilo de farine, un kilo de sucre, alors que j’avais besoin peut être de 300 ou 100 grammes… On finit par avoir des tonnes de nourriture dans les placards que d’expérience on finit par jeter. Je pense qu’on a perdu le contact entre nos réels besoins et ce qu’on achète : le fait d’avoir le contrôle sur ce qu’on achète et combien, est selon moi une bonne façon de lutter contre la surconsommation et contre les déchets. » Après avoir vu un documentaire sur la vente en vrac en Allemagne, Alexia se dit qu’il y a un créneau pour ce type de commerce et elle commence à réfléchir à son projet. Depuis février dernier elle y travaille dessus à temps plein jusqu’à fin septembre, quand elle fait son premier marché.

Une épicerie pas comme les autres

Pourquoi une épicerie itinérante ? « Quand j’étais à La Vie Claire je me suis rendue compte que travailler dans un magasin ne correspondait pas vraiment à mon tempérament. En plus, comme j’étais toute seule c’était plus simple de partir sur du mobile. » Une solution qui est avantageuse aussi pour les consommateurs : « Ma démarche consiste à aller à la rencontre des gens plutôt que d’attendre qu’elles viennent vers moi. Ceux qui aiment consommer en direct avec le producteur ou sur les marchés ont à leur disposition une offre qui vient directement vers eux au lieu d’aller dans plusieurs endroits différents. » Où et quand peut-on la trouver ? « Du mardi au dimanche, principalement sur les places de marchés et sur la couronne lyonnaise : Brignais, Francheville, Tassin, Vaulx-en-Velin, Pont-Évêque, Communay, Pont-de-Chéruy… Dans l’avenir, au lieu d’aller vers d’autres départements ou communes, j’envisage plutôt de me diriger vers des comités d’entreprise, en allant directement à la rencontre des gens à la sortie du travail pour leur éviter d’aller dans les supermarchés. »

Clients et producteurs

Quel est la clientèle type de La main dans l’sac ? « C’est très surprenant parce que je m’attendais à avoir une tranche de clients entre 25-50 ans et finalement j’ai beaucoup de personnes âgées aussi, du fait qu’il y en a pas mal qui font les marchés. Je n’arrive pas à avoir une clientèle type puisque le panel est très large et ça touche tout le monde : il y a les trentenaires avec famille qui font ça par conviction et puis il y a le petit couple qui vient acheter des cacahuètes pour l’apéritif… » Et du coté des producteurs ? « La quasi totalité des producteurs que j’ai en direct est de la région. Il doit avoir au moins une bonne dizaine de producteurs chez qui je me fournis directement pour la pâte à tartiner, la farine, le café, les quenelles… C’est moi qui ai fait la démarche de les rencontrer, de visiter leurs entreprises, de voir comment ils travaillent et puis de choisir leurs produits. J’ai trouvé certains producteurs aussi à travers le Réseau Vrac ou même en parlant avec des gens de la région qui connaissent des produits de qualité. »

Le vrac : une habitude pour certains… une découverte pour d’autres

Comment les clients se positionnent par rapport au fait d’acheter des produits en vrac ? « Il y en a de vraiment enthousiastes, qui viennent régulièrement et qui finissent par ramener leurs bocaux. D’autres viennent parce qu’ils aiment les produits mais ne sont pas dans la démarche zéro déchet : j’essaye de faire un peu de pédagogie pour sensibiliser à mon petit niveau les gens et faire en sorte qu’ils commencent à prendre des nouvelles habitudes. Et si la pédagogie ne marche pas… peut être qu’à terme je vais envisager de faire payer les sacs de manière symbolique, pour inciter les gens par le porte-monnaie ! »

Des projets pour l’avenir

En ce moment Alexia est au travail sur son site internet : « Je voudrais d’abord mettre des produits en ligne. Dans le moyen terme j’aimerais bien avoir des partenariats avec des magasins, des artisans pour faire de la commande en ligne et pouvoir récupérer ses achats chez tel artisan, tel boucher… Pour le moment je ne suis pas suffisamment confiante financièrement pour me passer des marchés, ça dépendra des prochains mois, si j’arrive à développer ma clientèle et mon chiffre d’affaire. En tout cas j’espère de pouvoir mettre en place ce système de commande en ligne pour la fin de l’année. »

Bonne chance Alexia ! Pour toute autre info nous vous invitons à aller sur le site internet de La main dans l’sac ou sur sa page Facebook.

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