« Day by Day » : une épicerie pas comme les autres !

Chez Day by Day on ne va pas seulement pour trouver un bon choix d’épices ou un cajou spécial. Ici il y a à la fois une offre importante, le plaisir de pouvoir échanger avec d’autres personnes et surtout la volonté de sensibiliser les personnes à mieux consommer. Comment ? En réduisant le gaspillage alimentaire et par conséquence les déchets.

La naissance du projet

Il y a 5 ans, Gilles Balay décide de quitter son travail dans équipement audiovisuel pour rejoindre l’équipe de Didier Onretta dans l’aventure de Day by Day : « En tant qu’épicurien qui aime faire des découvertes au niveau de la nourriture, c’était un bon moyen de s’en rapprocher et aussi de se remettre en question. De cœur j’aurais aimé être marin professionnel : le fait d’aimer la mer et de voir les dégâts qu’il puisse y avoir sur l’eau m’a permis d’aller un peu plus facilement dans cette direction. » Une voie qui à l’époque était quand même totalement décalée par rapport tout ce qu’on se faisait : « Quand on rencontrait les fournisseurs en leur disant ce qu’on allait faire ils nous regardait avec des grands yeux en disant : “ On ne va pas retourner 60 ans en arrière ˮ. » Après avoir participé à la mise en place du premier magasin-laboratoire à Versailles, Gilles décide de revenir à ses origines lyonnaises et d’ouvrir sa propre épicerie franchisée il y a 2 ans au cœur de la Presqu’île : « Ici on a une profondeur de gamme importante dans chaque offre : 12 gâteaux, 16-18 types de riz, une trentaine de pâtes… Je pense que venir faire ses courses dans un magasin comme le notre est une possibilité de changer d’habitude plus facilement que d’aller dans un magasin où on se limite à prendre que ce qu’il y a : là vous pouvez trouver le produit qui vous convient mieux et surtout en découvrir d’autres que vous ne connaissez pas. »

Gilles donne beaucoup d’importance aux rapports avec les clients : « La particularité d’un magasin comme le notre c’est que les gens viennent, achètent leur produit en fonction de leur besoins mais il y a aussi un échange soit entre eux et puis avec celui qui tient le magasin, qui est là pour les aider, pour leur donnes des idées. Il y a un rapport humain, on va commencer à se faire des amis auprès des clients, c’est ça qui me plaît. Quand je vois les gens qui se retrouvent ici en face les uns les autres, on n’y est pour rien mais on est contents de voir que ça fonctionne. »

Une épicerie ouverte à tous

Day by Day propose une offre mixte, bio et conventionnel, dans le but d’intéresser le plus de gens possible : « On part du principe qu’on n’a pas de raison de proposer des produits limités à ceux qui ont les moyens de se payer du bio. Si on veut faire passer le phénomène du gaspillage alimentaire et de la diminution des déchets c’est tout le monde qu’on doit toucher. C’est facile de faire venir ici les gens qui sont déjà convaincus ; le plus difficile, c’est d’approcher ceux qui ne les sont pas. » Pour cela la meilleure solution reste le bouche à oreille : « Les gens vont venir parce qu’ils ont entendu dire qu’il y avait de l’huile de bonne qualité ou un mélange de taboulé qui plaisait et puis ils vont découvrir le reste. C’est ça qui est important… mais ça ne se fait pas en deux minutes. »

Le risque de prêcher les convertis est toujours présent : « C’est dommage qu’il y a des magasin zéro déchets qui ne pensent qu’à intéresser les gens qui sont déjà convaincus. Si on veut vraiment servir la population en tant que porteurs de bonne parole il faut arriver à toucher tout le monde. Et si dans 10 ans il y aura 25 % des gens qui vont consommer bio en lieu du 9 % d’aujourd’hui, ça sera exceptionnel. »

Du bio… mais aussi du vrac

« L’envie de proposer du vrac c’était à la fois pour avoir une consommation beaucoup plus juste mais aussi pour éliminer les emballages inutiles. On veut mettre en œuvre tout ce qui peut sensibiliser la population et leur faire prendre conscience qu’il faut agir autrement. » Comme dans l’alimentaire : « On conseille énormément de ne plus prendre des contenants en plastique et de s’orienter plutôt sur le verre, qui est vraiment une valeur sûre pour la conservation des aliments, ne serait-ce que pour les mites : dés qu’il fait chaud les mites sont très intéresses par les produits bio qui ne sont pas traités. Aujourd’hui il n’y a pas de solution simple pour se dire : “ On arrête d’acheter des bouteilles en plastique ˮ. » En tout cas depuis la rentrée on a une très nette demande sur les gourdes. » Essayer de trouver le produit qui correspond à ce que les gens peuvent attendre reste le souci permanent de Gilles : « On a commencé avec quelques gourdes, maintenant on en a beaucoup plus et aussi le charbon qu’on va mettre dedans ou le produit idéal pour les nettoyer. »

Par contre pour ce qui est de l’entretien l’emploi du plastique est obligatoire : « On n’a pas le droit de mettre les produits d’entretien dans du verre, parce qu’il est réserve à l’alimentaire pour éviter les accidents. Tous nos produits d’entretien sont ecocert. Sachant les mutations qui peuvent y avoir avec le plastique, la loi impose la première fois qu’on va acheter un produit d’entretien ecocert d’acheter aussi un contenant compatible, qui nous est fourni par celui à qui on achète le produit. D’où la nécessite d’avoir des flacons en plastique spécial, fabriqué d’une certaine façon pas nocive. »

Le temps des bilans

A l’aube de sa carrière, Gilles ne considère pas son activité comme un ascenseur professionnel : « C’est certain que je n’ai pas la mème motivation à faire ça que quelqu’un de 30 ans. En tout cas si mon projet d’ouvrir plusieurs magasins sur Lyon se concrétise, le jour quand j’aurais décide de prendre ma retraite je serais plutôt content de voir que finalement on n’a plus que 80 clients par jour en moyenne et jusqu’à 400 clients en semaine mais c’est 700 – 800 – 2000 par jour dans tous les magasins : là on dirait déjà qu’on a fait quelque chose. »

L’objectif de Gilles est d’avoir avant tout un succès personnel plutôt que financier : « C’est sur que pendant les deux premières années c’est une activité complètement philanthrope, personne ne gagne de l’argent à faire ça tout seul : la majorité des magasins comme ça c’est du quotidien, on se bat tous les jours pour trouver les clients, c’est ça qui est passionnant en plus. Aujourd’hui on investit là dedans, on fidélise les clients, et puis quand il y en aura suffisamment on pourra peut être commencer à se payer un petit salaire mais ce n’est pas au chiffre qu’on regarde… c’est sur que c’est important de regarder son chiffre parce qu’on a des banquiers derrière ! Moi j’espère bien que toutes les boites qui ouvrent au bout de deux ans de fonctionnement soient rentables, parce qu’il n’y a rien de pire que de voir une succession de dépôts de bilan dans les boites qui ont fait du zéro déchet. Il faut être conscients de ça. »

Quel genre de conseils on pourrait donner à ceux qui voudraient se lancer dans une activité comme la sienne : « Analyser bien vos prix, analyser bien vos chiffres d’affaires, calculez vos marges correctement. Vous ne pouvez pas battre avec la grande distribution, par contre vous apportez un service qui est incomparable : on n’est pas là pour se battre, pour avoir le même prix qu’Auchan à côté. Le problème n’est pas le prix, mème si c’est important d’avoir des prix sur le vrac qui soient a priori moins cher que de l’emballé mais ce n’est pas toujours possible, ça dépend des fournisseurs. »

Day by Day se trouve au 48 rue Franklin (Lyon 2ème) est elle ouverte le lundi de 16h à 19h, du mardi au vendredi de 13h à 19h30 et le samedi de 10h à 19h.

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