Dans la perspective des élections métropolitaines, qui auront lieu les 15 et 22 mars 2026, l’association Zéro Déchet Lyon a interrogé 200 citoyens et citoyennes de la métropole lyonnaise du 1er septembre au 2 octobre 2025, en ligne et en face-à-face (marchés, lieux publics, évènements, etc.), afin de mieux comprendre leurs attentes en matière de gestion et prévention des déchets. Ce sondage a été mené dans 8 communes de l’agglomération.
Catégorie : Economie Circulaire
Nous vous en parlions dans un article du mois précédent, le Plan Zéro Plastique de la Métropole de Lyon s’est mis en action en cette fin de mois de juin. C’est à l’occasion de la 4ème édition du Festival Entre Rhône et Saône (FERES) que les grand·es lyonnais·es ont découvert l’expérimentation.
Ce rendez-vous annuel a pour ambition de célébrer ses emblématiques fleuves : le Rhône et la Saône, tout en sensibilisant à leur préservation. Cette année, l’évènement s’est tenu du 27 au 29 juin et a séduit près de 35 000 visiteur·euses.
Ses activités familiales et populaires (spectacles en scène ouverte, banquet partagé, ateliers créatifs, village de stands associatifs…) se sont étalées des berges de la Guillotière à Confluence sous un soleil estival.
C’est dans ce cadre que le Grand Lyon a expérimenté la mise à disposition de vaisselle lavable et fontaines mobiles « Cubdo » qui s’inscrit dans le 2ème enjeu du plan 0 plastique « Développer le réemploi sur les sites et espace publics de la Métropole ». Elle vient traduire l’objectif n°3 de ce plan qui vise à “Rendre obligatoire la vaisselle réemployable dans les événements organisés sur l’espace public”.
Le marché du vrac en France a pris son envol à partir de 2016, porté par un contexte propice à son développement (préoccupations des consommateur·rices, contexte législatif, création du Réseau Vrac & Réemploi la même année etc.). Mais en 2021, il traverse une période plus difficile avec une baisse de fréquentation significative notamment des épiceries locales, menant à des fermetures en série. L’équipe de Zéro Déchet Lyon avait enquêté sur les freins et leviers et alerté sur cette crise à l’été 2024. Retrouvez les résultats de ce travail dans cet article.
A l’occasion de ce mois de Mars, mois du vrac et du réemploi, Zéro Déchet Lyon revient sur quelques fausses idées qui entourent ces pratiques de consommation, afin de (re)démontrer l’accessibilité et les multiples intérêts à soutenir ces pratiques tout en remettant la lumière sur les épiceries vrac de quartier en grandes difficultés et pourtant essentielles pour aider à réduire déchets et gaspillages.
Chaque jour de cette semaine, découvrez la réalité derrière une fausse idée sur le vrac.
Lire la suite « Mois du vrac et du réemploi – « Le vrac c’est pas vraiment du Zéro Déchet » »
Le marché du vrac en France a pris son envol à partir de 2016, porté par un contexte propice à son développement (préoccupations des consommateur·rices, contexte législatif, création du Réseau Vrac & Réemploi la même année etc.). Mais en 2021, il traverse une période plus difficile avec une baisse de fréquentation significative notamment des épiceries locales, menant à des fermetures en série. L’équipe de Zéro Déchet Lyon avait enquêté sur les freins et leviers et alerté sur cette crise à l’été 2024. Retrouvez les résultats de ce travail dans cet article.
A l’occasion de ce mois de Mars, mois du vrac et du réemploi, Zéro Déchet Lyon revient sur quelques fausses idées qui entourent ces pratiques de consommation, afin de (re)démontrer l’accessibilité et les multiples intérêts à soutenir ces pratiques tout en remettant la lumière sur les épiceries vrac de quartier en grandes difficultés et pourtant essentielles pour aider à réduire déchets et gaspillages.
Chaque jour de cette semaine, découvrez la réalité derrière une fausse idée sur le vrac.
Fausse idée n°4 : « Le vrac c’est moins d’informations sur les produits »
Aujourd’hui, parlons de l’impact du vrac dans l’expérience des consommateur·rices.
C’est un aspect connu du vrac, il est le seul mode de consommation qui permet d’acheter les ingrédients que l’on souhaite au gramme près et de tester certains produits en n’achetant que des petites quantités au début.
Mais il recouvre également un autre aspect : il permet de s’éloigner de l’hégémonie des grandes marques qui semblent dicter nos habitudes de consommation.
Quand trop d’informations tue l’information
En effet, seuls quelques géants de l’agroalimentaire détiennent presque l’ensemble des marques distribuées uniformément sur le marché mondial, ce qui leur confèrent un pouvoir économique démesuré, la capacité de créer un modèle d’agriculture adapté à leurs besoins et même d’influencer les législations au travers d’un lobbyisme agressif.
Il n’y a pas si longtemps que les emballages jetables tels qu’on les connaît à ce jour sont devenus une norme. Pourtant, ils ont le pouvoir d’influencer nos choix par de multiples procédés, mais surtout ils coupent l’humain des produits qu’il consomme en constituant un intermédiaire visuel direct.
Pour répondre aux appétits voraces des consommateur·rices, les industriels de l’agro-alimentaire ont réalisé la prouesse technique de diffuser des produits standardisés sur la globalité d’un territoire, faisant fi de toutes contraintes naturelles, climatiques, géologiques, etc.
Pour parfaire cette « performance », les façades uniformes des emballages permettent de lisser les rayons des supermarchés aux yeux des consommateur·rices, qui n’ont parfois plus aucune idée de l’aspect réel des produits qu’ils convoitent. Ils peuvent parfois même avoir la drôle de surprise de constater qu’une fois dénudés, ils ne ressemblent pas tout à fait à la promesse vendue sur le paquet.
Dans l’optique d’étendre la vente de leurs produits au plus grand nombre, ces multinationales ont développé des techniques marketing à toutes épreuves, sans cesse renouvelées pour surfer sur les dernières tendances de consommations. Entre le greenwashing et ses dérivés (pink-washing, purple washing, social washing…), les messages publicitaires incitant à la surconsommation, la mise en concurrence forte de produits (faisant ensuite appel au paradoxe de l’âne de Buridan pour les consommateur·rices) ou tout simplement la duperie des propriétés non avérées, il devient difficile de garder en tête les produits qui répondent réellement à nos besoins et encore plus de différencier lesquels ont été placés dans notre paniers uniquement grâce aux techniques du marketing.
Les industriels de l’agroalimentaire n’hésitent pas non plus à berner régulièrement les consommateur·rices en sur-saturant les emballages d’informations sur les emballages, dont la plupart visent à détourner notre attention des défauts qu’ils peuvent présenter : produits « sans parabènes A » qui comportent des parabènes B, produits annotés comme bénéfiques car contenant des huiles végétales « naturelles » mais comportant en réalité des huiles de palme écologiquement et humainement néfastes, etc.)
Les informations qui comptent vraiment
Dans ce contexte, le choix d’une consommation de produits en vrac permet de reprendre du pouvoir tout en revenant aux bases dans un environnement hyper-capitaliste.
Le vrac réduit l’impact du marketing et des emballages sur nos choix de consommation et permet de se reconnecter avec la nature brut des aliments et leurs productions/origines.
De plus, sans les emballages, c’est au rôle des vendeur·seuses d’informer les client·tes sur les produits ! L’occasion de revaloriser cette profession qui nécessite dès lors une vraie maîtrise en terme de conseils. Et à l’inverse, ces mêmes client·tes peuvent échanger auprès d’une personne physique pour toute question. C’est tout de même plus agréable d’être renseigné·e par un·e humain·e que par de vagues panneaux !
Au-delà de la question des emballages…
Ce n’est pas un secret, la société dans laquelle nous vivons repose en grande majorité sur une économie libérale qui prône la liberté des individus à travers leur consommation. Alors le·la consommateur·rice, en choisissant certains produits plutôt que d’autres, peut opérer une forme de vote à l’aide de sa carte de crédit. Pour aller plus loin, il faut également questionner ce modèle dans sa globalité et remettre en question les effets d’une demande de services et produits répondants à des besoins toujours plus spécifiques, au détriment de l’environnement dans lequel on pioche les ressources naturelles pour les réaliser.
Ainsi, consommer en vrac permet de sortir d’une forme de passivité vis-à-vis de sa propre alimentation. En somme, c’est reprendre la main sur ses actes d’achat en se focalisant sur la composition et la qualité d’un produit, sans façade colorée et uniforme avec supplément photo retouchée.
Le marché du vrac en France a pris son envol à partir de 2016, porté par un contexte propice à son développement (préoccupations des consommateur·rices, contexte législatif, création du Réseau Vrac & Réemploi la même année etc.). Mais en 2021, il traverse une période plus difficile avec une baisse de fréquentation significative notamment des épiceries locales, menant à des fermetures en série. L’équipe de Zéro Déchet Lyon avait enquêté sur les freins et leviers et alerté sur cette crise à l’été 2024. Retrouvez les résultats de ce travail dans cet article.
A l’occasion de ce mois de Mars, mois du vrac et du réemploi, Zéro Déchet Lyon revient sur quelques fausses idées qui entourent ces pratiques de consommation, afin de (re)démontrer l’accessibilité et les multiples intérêts à soutenir ces pratiques tout en remettant la lumière sur les épiceries vrac de quartier en grandes difficultés et pourtant essentielles pour aider à réduire déchets et gaspillages.
Chaque jour de cette semaine, découvrez la réalité derrière une fausse idée sur le vrac.
Fausse idée n°3 : « Le vrac c’est moins hygiénique «
Est-ce meilleur pour la santé de consommer des produits en vrac ? Ou bien à l’inverse, les produits vendus en vrac sont-ils moins hygiéniques ? C’est à ces questions que l’on répond aujourd’hui.
Plastique et protection des aliments, une fausse bonne idée ?
Dans l’industrie agro-alimentaire, les emballages en plastique restent encore à ce jour les premiers modes de conditionnement utilisés. S’ils semblent présenter plusieurs aspects pratiques dont principalement la légèreté, cela fait maintenant plusieurs années que des études scientifiques interrogent voir relient leur présence et des impacts sur la santé humaine et l’environnement. En 2019, un rapport du Centre pour le droit international de l’environnement (CIEL), en collaboration avec les Universités américaines d’Exeter et UPSTREAM et des organismes Earthworks, Global Alliance for Incinerator Alternatives (GAIA), Healthy Babies Bright Futures (HBBF), IPEN et Texas Environmental Justice Advocacy Services (t.e.j.a.s.), rassemble des recherches qui exposent les risques toxiques distincts que les plastiques posent à la santé humaine à chaque étape de leur cycle de vie, de l’extraction des combustibles fossiles à leur élimination, en passant par leur utilisation par les consommateur·rices et bien au-delà.
Il est alors démontré que les plastiques, au contact des aliments qu’ils doivent protéger, ont en réalité plutôt tendance à les contaminer via des particules de micro-plastiques et leur ribambelle d’additifs (dont des polluants éternels tels que les PFAS (per- et polyfluoroalkylées) ou des molécules classées comme perturbateurs endocriniens : Parabens, bisphénols… ) qui migrent des emballages vers les aliments, que nous ingérons ensuite.
Dans ce contexte, le vrac permet de réduire significativement ce phénomène, d’autant plus si les aliments achetés sont ensuite stockés dans des emballages moins ou pas du tout nocifs : sachets en papier, en tissus (cotons bio non blanchis ni lavés avec des lessives contenant des produits toxiques pour les organismes) ou bien dans des bocaux en verre (réutilisables à l’infini en les lavant comme de la vaisselle).
Une réglementation sécurisante
Sur le plan hygiène, les produits en vrac sont soumis à des normes spécifiques ainsi qu’à des contrôles réguliers. Ils sont par exemple soumis au règlement européen (CE) n° 178/2002, sur les principes et les prescriptions générales de la législation alimentaire, qui instaure 4 principes et 3 obligations assurant la sécurité des aliments vendus aux consommateur·rices.
La Loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (1) (Loi AGEC) précise les modalités d’application de la mise en place du vrac dans le commerces. Elle explique notamment que « Tout consommateur final peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins, dans la mesure où ce dernier est visiblement propre et adapté à la nature du produit acheté. » C’est donc le·la client·e qui est responsable de la propreté et de l’hygiène de son contenant.
Le détail des textes est à retrouver ci-dessous :
Textes européens relatifs à la sécurité et à la conformité des produits vendus en vrac
Concernant les denrées alimentaires, le règlement (CE) n° 178/2002 établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l'Autorité européenne de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires s’applique au vrac.
Il pose 4 grands principes :
- Le recours à l’analyse des risques par les autorités compétentes (processus comportant trois volets : l’évaluation (ou estimation) des risques - la gestion (ou management) des risques - et la communication sur les risques) ;
- Le principe de précaution (dans le cas où il y a des effets nocifs possibles sur la santé et qu’il subsiste une incertitude scientifique, alors il faut mettre en place des mesures provisoires de gestion du risque dans l’attente d’autres informations scientifiques);
- Le principe de transparence (informer les citoyens des risques et des mesures mises en place);
- Le principe d’innocuité (aucun aliment n’est mis sur le marché s’il est dangereux).
Et 3 obligations :
- La traçabilité (possibilité de retrouver l’histoire complète d’un aliment ou de l’ingrédient qui compose l’aliment);
- La possibilité de retrait / rappel (Les produits susceptibles de présenter un risque pour la santé publique doivent être soit retirés, soit rappelés. Le retrait permet d’empêcher la distribution et l’exposition à la vente du produit concerné. Le rappel permet d’empêcher la consommation ou l’utilisation du produit qui a été vendu) ;
- L’information des services de contrôle (informer les autorités des décisions de retrait/rappel ou d’une situation pouvant être préjudiciable pour la santé du consommateur).
Pour les produits détergents, le commerçant a obligation de s’assurer que les produits mis en vente sont conformes à la réglementation et de s’assurer qu’ils disposent des instructions et matériels requis pour réaliser la vente en vrac en toute sécurité pour le consommateur.
Pour les produits cosmétiques, le commerçant a l’obligation de s’assurer que les produits mis en vente sont conformes à la réglementation en vérifiant leur étiquetage et en assurant des conditions de stockage et de transport adaptées. Selon ce qui a été convenu en amont, c’est soit le fabricant soit le distributeur, qui s’assure de la sécurité sanitaire en matière de vente en vrac, depuis la réception des produits chez le distributeur jusqu’à la vente au consommateur.
Ces obligations découlent des règlements européens sur les produits cosmétiques et les détergents (dans lesquels il n’y a aucune obligation spécifique à la vente en vrac) et visent à protéger la santé du consommateur.
La loi AGEC 2020 officialise l'obligation par les commerces de vente au détail d'accepter des contenants adaptés par les client·es et les responsabilités
Article 41
Le titre II du livre Ier du code de la consommation est ainsi modifié :
1° A l'intitulé, les mots : « interdites et pratiques commerciales réglementées » sont supprimés ;
2° Au début, il est ajouté un chapitre Ier A ainsi rédigé :
« Chapitre Ier A
« Pratiques commerciales encouragées
« Section unique
« Vente de produits sans emballage
« Art. L. 120-1.-La vente en vrac se définit comme la vente au consommateur de produits présentés sans emballage, en quantité choisie par le consommateur, dans des contenants réemployables ou réutilisables. La vente en vrac est proposée en libre-service ou en service assisté dans les points de vente ambulants.
« Elle peut être conclue dans le cadre d'un contrat de vente à distance.
« Tout produit de consommation courante peut être vendu en vrac, sauf exceptions dûment justifiées par des raisons de santé publique.
« La liste des exceptions est fixée par décret.
« Art. L. 120-2.-Dans les commerces de vente au détail, le contenant réutilisable peut être fourni par le détaillant sur le lieu de vente ou être apporté par le consommateur.
« Tout consommateur final peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins, dans la mesure où ce dernier est visiblement propre et adapté à la nature du produit acheté.
« Un affichage en magasin informe le consommateur final sur les règles de nettoyage et d'aptitude des contenants réutilisables.
« Dans ce cas, le consommateur est responsable de l'hygiène et de l'aptitude du contenant.
« Le commerçant peut refuser le service si le contenant proposé est manifestement sale ou inadapté. »
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000041553806
Des labels pour éloigner les risques sanitaires
En outre, ces produits “conventionnels” issus de la grande distribution :
- sont aussi en moyenne les plus sucrés, lorsqu’ils sont les moins chers en supermarché, et entretiennent donc les inégalités sociales en terme d’accès à une alimentation saine pour tous et toutes
- sont cultivés avec des pratiques et des produits toxiques pour l’environnement, le sol, l’eau, l’air, les pollinisateurs…
- contiennent des pesticides lorsqu’ils ne sont pas bio, parfois même des OGM qui peuvent être source de maladies.
Concernant la qualité des produits distribués en vrac, elle varie d’un produit à l’autre mais peut-être assurée par la présence de labels biologiques, équitables (lorsque l’on est plus sensible à un aspect social) ou par le taux de transformation du produit.
D’après une enquête du Centre de Ressources et d’Informations Nutritionnelles (CERIN), l’augmentation de la part d’aliments peu ou pas transformés dans la ration est associée à un apport plus élevé en protéines animales, une consommation plus variée de protéines végétales, une qualité alimentaire globale améliorée et un risque cardiométabolique diminué.
Pour clore sur ce sujet, nous n’avons à ce jour pas connaissance de cas recensé d’intoxication alimentaire ou de personne tombée malade suite à la consommation de produits en vrac. En revanche les scandales sanitaires liés à des produits issus de la grande distribution sont hebdomadaires…
Ainsi tout dépendra de vos habitudes alimentaires mais retenons globalement que les épiceries proposant un conditionnement en vrac ont tendance à sélectionner des produits plus sains pour la santé, si bien qu’il s’agisse de la seconde raison pour laquelle les consommateurs réguliers s’y rendent, selon le rapport 2021 «Panorama et évaluation environnementale du vrac en France : état des lieux et analyse des pratiques » de l’ADEME.
